Du bois des rêves

Le Centre des monuments nationaux présente l’exposition « Du bois des rêves » au château de Puyguilhem, du 10 avril au 31 octobre 2026. Deux artistes y explorent l’arbre et la nature comme sources d’imaginaire, en écho à l’atmosphère féerique du lieu.

  • Exposition accessible dans le cadre des horaires d'ouverture du monument.

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  • Tarif inclus dans le droit d'entrée du monument, soit 7€ + 26 ans / gratuit -26 ans.

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  • Tout public

PRÉSENTATION

Le point commun entre Bastien Lemaître et Ross Gash réside dans leur capacité à faire émerger l’étrangeté et la surprise des formes naturelles. À partir d’une représentation précise et maîtrisée, chacun entraîne le spectateur vers un autre monde, à la frontière du réel et de l’imaginaire. Le dialogue entre leurs œuvres invite ainsi à une contemplation renouvelée du vivant, et à réfléchir au bien-être que nous procure le contact avec la nature. 

Tous deux ont débuté leur carrière en peignant des paysages urbains. De cette expérience commune, ils ont conservé une attention particulière aux lignes, aux chemins et entrecroisements, aux routes et aux enchevêtrements. Aujourd’hui, ils transposent cette approche à leur environnement de vie devenu rural, dans la campagne lotoise : les tracés urbains font place aux réseaux complexes des branches, des troncs, des racines ou des sols. Désormais, ces formes surgies et façonnées par la nature, jamais répétitives, constituent leur « entrée en matière », vers des compositions qui ont la profondeur des visions oniriques.

LES ARTISTES

Ross Gash

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Le travail de Ross Gash prend appui sur la photographie, point de départ d’une transformation sensible. Il crée des images profondément sensorielles, destinées à exprimer un ressenti intime. Dans sa pratique actuelle, il intervient parfois directement sur les photographies, et non plus seulement à partir d’elles. Il compose tour à tour au pastel gras, au pastel sec ou à l’huile sur toile. Pour lui, les arbres possèdent des formes totémiques, porteuses d’histoires et de mémoires. Cette vision est nourrie par ses origines australiennes et l’imprégnation des cultures aborigènes. Certains arbres sont perçus comme des êtres à part entière, presque humains, habités et vivants. Lorsqu’un arbre l’interpelle, il imagine un monde qui gravite autour de lui. Le pinceau devient alors un outil d’écriture, traduisant ce dialogue intérieur avec le sujet, et révélant les textures qui lui sont propres.

Bastien Lemaître

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Dans la démarche de Bastien Lemaître, le rapport à la nature est essentiel et profondément incarné. Il entretient avec elle un lien intime, fondé sur l’émerveillement face à ses éléments même les plus modestes : une herbe, une fougère, un lichen… Son regard se place souvent au ras du sol, afin d’explorer ses mondes discrets et fragiles, comme celui d’une plaque de mousse peuplée d’insectes ou de cloportes, aujourd’hui gravement menacés dans nos écosystèmes. Il accorde également une grande importance à l’eau, notamment aux ruisseaux qui irriguent les sols et apportent la vie. Sa création est traversée par une conscience aiguë des bouleversements climatiques : la sécheresse, les maladies des arbres, les insectes ravageurs, et en particulier le déclin dramatique du châtaignier, essence emblématique du Sud-Ouest en voie de disparition. Il a gardé de ses débuts dans la peinture urbaine une extrême précision du coup de pinceau, car la représentation architecturale exige rigueur et maîtrise du trait, précision de la perspective. Cette précision permet au spectateur « d’entrer » dans le paysage, de s’y immerger pleinement. Il pratique deux techniques, la gouache pour les petits formats et l’huile pour les grands.